L’opendata est à l’honneur ces jours-ci chez nos confrères des Echos : un article signé Nicolas Rauline consacré à la mission Etalab, un édito de David Barroux qui insiste sur le levier économique de l’opendata et enfin un blog uniquement dédié  à l’opendata lancé discrètement à titre expérimental le 6 mai dernier.
Nous avons voulu revenir sur cette dernière initiative avec François Bourboulon, rédacteur en chef numérique des Echos.

Data News : Qui a eu l’initiative de ce site d’opendata ? C’est un blog ?

François Bourboulon : Oui, c’est un blog.  On discute un peu de ces sujets depuis quelques temps en interne et avec des gens à l’extérieur et on s’est dit qu’on allait installer quelque chose sur le site et le blog s’est imposé pour l’instant comme la meilleure solution.

C’est un évènement en particulier qui a motivé votre initiative ?

Ce n’est pas un évènement en particulier, c’est avant tout le fruit d’une réflexion à la suite de rencontres faites avec un certain nombre de personnes. Je me demandais quelles nouvelles pistes on pouvait explorer pour le site des Echos. En tous cas ce n’est pas un évènement en particulier, c’est plus à la suite de ça que je découvre qu’il y a beaucoup d’évènements sur le sujet. Il se passe des choses quasiment toutes les semaines sur le thème de l’opendata.

Etes-vous êtes les seuls dans la presse traditionnelles à avoir lancé une telle initiative ?

Pour tout vous dire, je n’ai pas fait de benchmark donc je ne sais pas exactement. En fait, j’ai voulu lancer ça très vite parce que ça m’intéressait de voir ce que ça suscitait.
Une des choses qui m’avait inspirée, c’est le travail fait par le Guardian là dessus. J’ai notamment assisté il y a quelques mois à une masterclass d’une journaliste du Guardian à l’école de journalisme de Sciences Po. J’avais trouvé l’idée intéressante et elle a fait lentement son chemin pour aboutir à ce blog . En France à part Owni, je n’ai pas vu encore grand chose.

Comment vous choisissez les données que vous mettez en ligne ?

Pour les données qu’on a mises, j’ai travaillé essentiellement avec le service infographie des Echos, version papier. J’ai regardé avec eux les données qu’ils traitent pour le journal du jour et je récupère quelques séries. Mais comme vous le voyez, c’est encore du bricolage, on tatonne. J’étais curieux de voir les réactions. Le choix est fait uniquement avec le service infographie. On va sans doute élargir le spectre pour aller chercher d’autres data ailleurs. Mais ce n’est pas du tout structuré encore. C’est du work in progress.

Vous avez des retours ?

Le seul retour direct, c’est vous. Je regarde un peu les stats puisque, comme vous pouvez le voir, on affiche le nombre de lectures, donc je vois que c’est un succès raisonnable, mais on l’a fait très discrètement, on ne l’a pas du tout mis en avant pour l’instant, ni sur le journal, ni en homepage. J’ai juste installé le blog sans aucune visibilité. Je constate  juste en tapant opendata dans google news que le blog est remonté en premier donc notre site est bien référencé. Mais pour répondre à votre question, je n’ai eu aucun retour de lecteur encore.

Pensez-vous être confronté à un problème de licence pour ces données ?

Je sais qu’il risque d’en avoir, c’est la raison pour laquelle pour l”instant on met des choses assez simples et basiques. Quand on va développer et sophistiquer notre offre, on va préciser ça. Encore une fois, je découvre et je tatonne dans ce domaine. Je suis en plein apprentissage et c’est vraiment passionnant. Il me semblait important que Les Echos soient présents sur ce sujet.

 

La rédaction des échos doit détenir des données brutes, c’est quelque chose que vous pourriez mettre en ligne ?

Oui pourquoi pas. Je ne peux pas vous dire qu’on mettra tout mais on pourrait en mettre un certain nombre, on est pas là pour  dévoiler des choses ultra secrètes, mais il y a un certain nombre de choses qui servent quand on fait des enquêtes et notamment des données publiques. Mais les journalistes sont des spécialistes chacun dans leur secteur et ils ont des effectivement de bonnes sources et de bonnes infos et pourquoi pas les partager. C’est le sens de l’internet et on veut aussi partager des sources avec les internautes notamment parce qu’ils sont en demande. On peut se dire que la signature Les Echos donne une certaine légitimité aux infos qu’on pourra donner. On resterait essentiellement dans les domaines couverts par les Echos à savoir les informations économiques et financières mais là dessus on est prêt à apporter pas mal de choses et à partager aussi pas mal de choses avec les internautes.

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