Qu’est-ce qui améliore la sécurité sur les routes ? Qu’est-ce qui fait réellement baisser le nombre de décès et de blessés graves ? Un début de réponse.

 

Télécharger le rapport de la sécurité routière de 2009 sur Data Publica.


La question, au moins, fait l’unanimité des intervenants dans le débat récent : des associations de prévention routière… aux députés défenseurs des panneaux indiquant les radars.

Les preuves les plus solides sont celles qui viendraient de la comparaison entre ce qui se passe « avec » et « sans » une mesure précise. Mais cette façon de procéder, la méthode « expérimentale », est rarement appliquée en France.

Les intervenants au débat vont donc plutôt chercher des arguments dans l’évolution historique. En particulier, dans les 40 années de baisse des accidents. Que peut-on tirer de cet historique que l’on peut retrouver dans ce fichier répertorié sur Data Publica et dont voici un extrait ?

 

Source : ONISR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1972, 16545 personnes ont été tuées sur la route. C’était deux fois plus qu’en 1959 – malgré des lois et décrets en 1961, 1965, 1968, 1970, pour limiter la vitesse ou limiter l’alcool au volant ! (source pour les données antérieures à 1972 : site du Professeur Claude Got, www.securite-routiere.org)
Depuis 1972, le nombre de tués a été divisé par plus de 4 : en 2010, 3995 personnes ont été tuées sur la route (données « quasi-définitives », Observatoire national interministériel de la sécurité routière – ONISR).

Que révèle cette courbe ? La tendance générale à la baisse ne permet pas de préciser les causes de l’amélioration. Celle-ci peut certes être due aux mesures gouvernementales de sécurité routière ; mais aussi à d’autres causes, qui se manifestent plus progressivement, comme l’amélioration de l’état des routes, de la conception des véhicules, etc. : pour départager ces différents facteurs, il faut recourir à des données plus détaillées.

La courbe d’ensemble suffit pourtant à mettre en évidence une rupture de tendance, qui peut être précisément datée, entre juillet 2002 et janvier 2003. Cette évolution brutale ne peut guère s’expliquer par des causes progressives : elle suggère un événement singulier, qui peut s’être produit courant 2002 ou un peu avant, alors que le premier radar automatique a été implanté un an plus tard, le 27 octobre 2003.
Ce qui s’est produit de mi-2001 à mi-2002, c’est un débat national qui a surpris les décideurs politiques. Une mobilisation de journaux (dont « Auto Moto »), d’associations réunies en collectif autour de la Prévention Routière, de leaders d’opinion, de simples citoyens pétitionnaires, a obtenu un consensus massif des Français contre l’amnistie des auteurs de délits routiers. Et effectivement, le 14 juillet 2002, les fautes de conduite n’ont pas été amnistiées. Les automobilistes ont, dans leur ensemble, soudainement adopté des comportements plus prudents, et le nombre de tués sur la route a baissé d’un quart – avant la première installation de radar automatique.
Cela donne de l’eau au moulin de ceux qui encouragent le gouvernement à chercher, pour de nouvelles règlementations, un consensus parmi les automobilistes : après tout, c’est eux qui sont au volant, et qui feront ou non preuve de prudence dans leur façon de conduire.

 

Frédéric Lefebvre-Naré

Voir son blog

Previous postRevue de presse : Le Royaume-Uni, bientôt leader mondial de l'opendata ? Next post"Les Echos, faire de l'opendata? Pourquoi pas?" entretien avec François Bourboulon, rédacteur en chef numérique des Echos

What do you think?

Name required

Website