Openly Local est un site créé en 2009 par Chris Taggart, journaliste et éditeur. L’objectif de son initiative est de mettre à la disposition du public les données des collectivités locales. C’est en constatant que les informations étaient trop rarement disponibles qu’il a décidé de les collecter et de les répertorier. Aujourd’hui ce sont 163 municipalités dont les données ont été listées dans ce catalogue de données unique en son genre.

Il a créé seul et bénévolement cet annuaire des collectivités locales du Royaume-Uni. Son travail consiste à extraire les données et notamment la composition des conseils municipaux et les coordonnées de ses membres, l’agenda des conseils et des réunions municipales, le budget des communes etc… Toutes ces données sont structurées et accessibles par l’intermédiaire d’une API pour en faciliter la réutilisation par l’intermédiaire de flux, ou dans des visualisations. Chris Taggart revient sur ce long travail de collecte avec Data News.

 

Comment vous est venue l’idée de commencer un projet aussi ambitieux que l’OpenlyLocal ?

Par accident. Je voulais faire du journalisme de données sur des données locales, et j’ai constaté qu’il n’en existait pas. J’ai tenté d’intéresser des personnes pour m’aider à résoudre ce problème, mais aucune ne pensait que c’était faisable. Alors je l’ai fait tout seul!

Etes-vous le seul engagé dans cette aventure d’opendata ?

Je suis le seul qui travaille sur Openlylocal. Par contre, pour OpenCorporates, qui crée une URL pour toutes les entreprises dans le monde, nous sommes un certain nombre au sein de la communauté de l’opendata à contribuer à la collecte de données.

Chris Taggart

Le nombre de données qu’il reste à classer ne vous affole pas trop ?

Oui et non. Avec OpenlyLocal nous avons uniquement gratté la surface, malgré les millions de données, et les milliards de livres de dépenses que nous chassons. Avec Open Corporates, nous avons déjà listé plus de 12 millions d’entreprises, mais il y en a des centaines de millions dans le monde ! Cependant, avec de tels projets on progresse doucement, pas à pas, en réalisant des choses toujours plus utiles à chaque étape.

Combien de temps par semaine cela vous occupe-t-il ?

Je travaille à plein temps sur l’open data sur OpenlyLocal et OpenCorporates, ou sur les lois concernant l’open data, en interagissant avec les organisations gouvernementales et la communauté de l’open data.

Ne pensez-vous pas que cela devrait etre uniquement un service public tel que data.gov.uk ?

C’est possible. Mais il faudrait certainement que cela soit aussi viable sur le long terme, ce qui veut dire à la fois obtenir des fonds des gouvernements ou administrations locales, et aussi vendre des données ou des services.

Quelles sont les audiences d’OpenlyLocal ? Sont-elles toujours en croissance ?

Les audiences sont très variées et en effet, elles continuent de croître. Les utilisateurs sont des blogs hyperlocaux, des individus, et souvent des élus, qui trouvent plus simple de naviguer sur Openlylocal plutôt que sur le site de leur propre collectivité.

Demandez-vous aux administrations avant de mettre les données sur l’OpenlyLocal ?

Non. Quand j’ai commencé, je m’attendais à ce que les municipalités me demandent d’enlever les informations, comme les règles sur les droits d’auteur étaient très restrictives. En fait, c’est le contraire qui s’est produit : les municipalités m’ont demandé d’ajouter leurs informations, et le gouvernement britannique m’a félicité pour mon travail.

Cela vous a-t-il apporté des ennuis, comme être poursuivi en justice ou avoir des problèmes de licence ?

Non, car la situation politique au Royaume Uni est favorable à la transparence.

Ce travail est d’une grande valeur ! Ne pensez-vous pas que vous devriez être rettribué pour cela ?

Oui. Il est vrai que cela requiert un revenu pour être viable à long terme, revenu qui pourrait même venir des municipalités qui paieraient pour avoir données publiées sur le site (et cela leur reviendrait beaucoup moins cher que de modifier leur système informatique pour qu’ils puissent eux-mêmes publier les données), ou par les données autorisées par exemple par la BBC, qui licence depuis peu ses bases de données commerciales, ou par les municipalités qui payent pour des rapports sur des envois de données nettoyés.

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