On a peut-être du gaz de schiste mais on a surtout des déchets. Beaucoup de déchets. 

C’est quoi un déchet ?
“Tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou bien plus généralement tout bien meuble, abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon” nous répond le législateur (Loi n° 75-633 du 15 juillet 1975 modifiée par la loi n°92-646 du 13 juillet 1992)

D’après un fichier répertorié sur Data Publica, la France aurait produit 345 millions de tonnes de déchets en 2008 soit, pour donner une image qui parlera sans doute plus, près de 34 500 tours Eiffel (la vieille dame pèse 10 000 tonnes). Parmi ces 34 500 tours Eiffels de déchets, ou 345 millions de tonnes, 26.6 millions de tonnes sont des déchets ménagers.
La dépense nationale pour la gestion de ces déchets était de 11,6 milliards d’euros en 2006 ce qui représente 60 000 personnes travaillant dans la gestion des déchets d’après cet autre fichier répertorié sur Data Publica.

L’énergie est au coeur des problématiques d’environnement et d’économie. L’actuel débat sur l’énergie nucléaire ou l’exploitation des gaz de schistes sont les sujets les plus symboliques et les plus médiatisés aujourd’hui. Mais il semble que les acteurs de ce débat mésestiment totalement la part que pourrait avoir l’exploitation des déchets dans le développement de nouvelles sources d’énergies..

Si l’on se réfère à ce document, la quantité d’énergie produite à partir des déchets urbains solides n’a augmenté que de 20% entre 1996 et 2007. Les 10 gigawatt/heure produits en 2007 par l’utilisation des déchets n’est qu’une petite goutte d’eau comparativement à la production totale d’énergie électrique et les 544.4 gigawatt/heure soit moins de 1.80% de l’électricité produite..

Or il existe des solutions, différentes : en février dernier a débuté la construction de la centrale CHO Power dans les Landes qui ne fonctionnera qu’avec des déchets et de biomasse et sera capable de fournir de l’électricité à une ville de 50 000 personnes. (Voir ici les détails)

Cette solution n’est sans doute pas une alternative unique à l’immense défi énergétique des prochaines années mais il en constitue une partie.
Au-delà de l’énergie, c’est toute l’économie qui pourrait également profiter de cette manne. Comme il est rappelé sur la page consacrée au recyclage sur le site de l’agglomération de  Lyon

Les résultats du recyclage sont plutôt impressionnants :

  • Une tonne de papier récupérée permet d’en fabriquer 900 kg.
  • Une bouteille sur deux est fabriquée à partir de verre recyclé. Le recyclage du verre permet d’économiser 30% de l’énergie nécessaire à sa fabrication.
  • Avec 27 bouteilles en plastique, on fabrique… un pull polaire !
  • Une tonne d’acier fabriquée à partir de ferraille recyclée ne demande que 50% de l’énergie qui serait nécessaire si l’on partait du minerai. A cette économie d’énergie s’ajoute une économie de matière première.
  • Le recyclage de l’aluminium permet d’économiser 95% de l’énergie nécessaire à sa fabrication.

Quand on réalise l’ampleur de ce marché et de son impact sur l’environnement, on ne peut qu’appeller à une grande politique nationale d’exploitation des déchets. Mais d’abord commençons par bien trier les notres.

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