Arthur Charpentier, notre Sherlock Holmes de la data, a encore frappé et dénoue l’un des mystères de nos séries policières : l’heure du crime !

 

Il y a quelques jours, j’étais invité par un ami pour me rendre au poste de police pour discuter de la possibilité de consulter quelques données. Et j’ai eu accès à un historique de près d’un million d’appels téléphonique d’urgence, sur Montréal, passés au cours des six dernières années. Histoire de prendre un peu en main les données, j’ai voulu regarder (inspiré par une remarque de Rémi) si minuit était vraiment une heure de crime…
Ce dont je dispose ce sont les heures d’appels d’urgence (le fameux 911), avec un code (formellement, le code indiqué par la personne lors de l’appel, pas celui établi par la patrouille une fois sur place). Globalement, la distribution des appels (par seconde) au cours de la journée ressemble à ça,

avec les six années en noir, 2005 en bleu et 2010 en rouge (histoire de visualiser une stabilité temporelle).
On peut aussi se focaliser sur les causes données lors de l’appel, afin de voir quel criminel commet un crime à minuit. Par exemple, pour les alarmes consécutives à un cambriolage, on obtient la répartition suivante,

Manifestement, minuit est un creux en matière de cambriolage. N’en déplaise à Arsène Lupin. Les hold-ups, eux aussi surviennent pendant la journée,

Les intrusions-effractions aussi

Sinon, de manière générale, les infractions au code criminel surviennent en fin de journée (mais baissent en fin de soirée)

et les conflits, suivent la même distribution

Autrement dit, les conflits surviennent quand on rentre du travail… mais pas à minuit. En revanche, si on commence à regarder les appels pour signaler des coups de feux, ils surviennent un peu après les conflits… mais un peu avant minuit.

Ah, mais finalement je crois que j’ai trouvé le crime qui survient à minuit,

Et dans ma base, cela correspond au code 063, ce qui signifie trouble à la paix. Autrement dit, si un appel arrive au 911 à minuit, c’est rarement pour signaler un (vrai) crime (au sens de ceux qu’on trouve dans les polars), mais plus pour signaler un problème de beuverie (que l’on peut aussi trouver chez Ian Rankin d’ailleurs). Damned ! Moi qui pensait résoudre des crimes avec mes séries de chiffres….
Je n’ai pas réussi à trouver d’où pouvait sortir cette idée reçue. En lisant le dernier Ian Rankin (ou plutôt la dernière enquête de John Rebus), je me suis fait la réflexion que dans beaucoup d’enquêtes, les policiers arrivaient vers minuit. J’ai eu l’impression que c’était aussi souvent le cas dans bon nombre d’épisodes de séries télé « policières » (CSI, Castle, Bones, ). Maintenant si quelqu’un sait où je pourrais trouver une base avec des dates de décès des personnages dans les séries policières ou des polars, je suis preneur.

Arthur Charpentier

 

Retrouvez l’article original et tous les articles d’Arthur sur freakonometrics.blog.free.fr/

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