Le miracle de l’Opendata, c’est aussi de nous fournir des informations inattendues et insolites. Parmi celles-ci on notera la liste des prénoms déclarés à l’état civil parisien de 2004 à 2010 répertoriée sur Data Publica. 

 

 

Cyriaque et Cassiopée, le couple rétro parisien des années 2030
Premier constat, le nombre de prénoms utilisés est en constante augmentation : 1022 prénoms ont été déclarés en 2004 contre 1136 en 2010, soit 10% de croissance en quelques années seulement.
Toutefois, pour être précis, il semble que si un prénom a été déclaré moins de 6 fois dans l’année, il n’a pas été pris en compte dans ces statistiques de l’état civil parisien, statistiques qui restent donc tronquées des prénoms les plus rares ou les plus originaux. Il reste quand même quelques originalités apparemment déclarées parmi lesquelles on trouve les rétro Anselme, Tancrède, Baudoin, Cyriaque, pour les garçons. Et pour les filles, faîtes votre choix parmi: Odélia, Cassiopée, Nine, Athénaïs, Satine et Ambrine. Enfin, voici une petite liste de prénoms dont je ne saurais dire s’ils sont masculins ou féminins : Alpha, Fanta, Nada, El, Dune..
Un autre fichier, publié par l’INSEE nous informe de l’histoire des prénoms en France (et plus particulièrement en Bretagne). Ce dossier illustre notamment la part gigantesque mais déclinante des prénoms tels que Marie ou Jean.

Sept ans de top 30 des prénoms des bébés à Paris
Pour en revenir à nos chers bambins parisiens, voici un rapide aperçu des top 10 des prénoms les plus utilisés de 2004 à 2010.
Premier tableau, les garçons :

 

2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
Alexandre Alexandre Raphaël Gabriel Gabriel Gabriel Gabriel
Paul Raphaël Alexandre Raphaël Raphaël Raphaël Arthur
Thomas Arthur Gabriel Alexandre Adam Alexandre Raphaël
Raphaël Paul Thomas Paul Arthur Adam Adam
Gabriel Antoine Louis Louis Alexandre Paul Louis
Antoine Gabriel Antoine Adam Louis Arthur Alexandre
Louis Thomas Paul Arthur Paul Louis Paul
Victor Jules Arthur Thomas Antoine Maxime Maxime
Maxime Louis Adam Jules Maxime Antoine Victor
Hugo Lucas Maxime Lucas Thomas Lucas Lucas

 

On retient ainsi que les trois prénoms masculins les plus couramment donnés aux enfants à Paris sont : Alexandre, Gabriel et Raphaël.

Second tableau, les filles :

 

2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
Camille Inès Camille Louise Louise Louise Louise
Inès Emma Emma Emma Chloé Camille Chloé
Emma Camille Inès Camille Camille Chloé Camille
Louise Sarah Sarah Chloé Emma Emma Emma
Sarah Clara Louise Sarah Sarah Sarah Sarah
Marie Sarah Chloé Inès Inès Inès Alice
Léa Clara Léa Jeanne Jeanne Alice Inès
Clara Léa Clara Alice Léa Léa Eva
Alice Alice Marie Eva Juliette Juliette Jeanne
Chloé Chloé Jeanne Léa Eva Jeanne Léa

Si vous avez eu une filles ces sept dernières années, alors il est fort probable qu’elle se prénomme Louise, Camille, Emma ou Chloé. Parisiens, c’est là que vous réalisez que vous avez eu des choix aussi originaux que vos voisins d’arrondissement.
Maintenant, vous pouvez combiner les prénoms pour obtenir le couple ado type qui sortira des collèges parisiens dans quelques années.

Ce qui reste étonnant, c’est la faible variabilité d’une année à l’autre des prénoms les plus utilisés à Paris. Ce sont souvent les mêmes qui reviennent en tête comme le montre ce classement des
30 premiers prénoms de 2004 à 2010.

 

2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Alexandre Alexandre Raphaël Gabriel Gabriel Gabriel Gabriel
Paul Inès Alexandre Raphaël Louise Louise Louise
Thomas Emma Camille Alexandre Raphaël Raphaël Arthur
Raphaël Raphaël Gabriel Louise Adam Alexandre Raphaël
Camille Arthur Emma Paul Chloé Adam Adam
Inès Paul Thomas Louis Arthur Paul Louis
Emma Antoine Inès Emma Camille Camille Alexandre
Gabriel Gabriel Louis Adam Alexandre Chloé Chloé
Antoine Camille Antoine Arthur Emma Arthur Camille
Louis Thomas Paul Camille Louis Louis Paul
Victor Sarah Sarah Chloé Paul Maxime Emma
Maxime Clara Arthur Thomas Sarah Emma Sarah
Hugo Jules Louise Jules Inès Antoine Maxime
Louise Louis Adam Sarah Antoine Sarah Victor
Sarah Léa Chloé Lucas Maxime Lucas Alice
Marie Lucas Maxime Antoine Thomas Inès Inès
Arthur Louise Léa Inès Victor Victor Eva
Léa Alice Clara Nathan Léa Alice Jeanne
Clara Chloé Victor Jeanne Lucas Jules Lucas
Alice Mathilde Nathan Maxime Jules Nathan Antoine
Lucas Enzo Marie Alice Jeanne Léa Nathan
Jules Adam Enzo Sacha Sacha Thomas Léa
Chloé Maxime Lucas Victor Juliette Juliette Sacha
Enzo Jeanne Jules Eva Nathan Jeanne Lina
Manon Marie Jeanne Léa Eva Mohamed Jules
Juliette Clément Adrien Enzo Martin Eva Thomas
Adam Victor Eva Hugo Clément Hugo Juliette
Nicolas Hugo Hugo Lucie Charlotte Enzo Anna
Nathan Manon Samuel Juliette Gaspard Zoé Mohamed
Jeanne Lucie Mohamed Clara Mohamed Clément Manon

 

Les Parisiens aiment-ils la lecture ?

Alors émettons une hypothèse peu académique pour tenter d’expliquer ce mystère des choix et utilisons pour cela l’outil Google N Gram du Google Labs. Cet outil permet de calculer le nombre de fois qu’un mot a été utilisé dans l’ensemble des corpus de livres numérisés par Google (sachant que près de 3% de toute la littérature aurait déjà été numérisée par le célèbre moteur de recherche). Pour en revenir à nos prénoms les plus utilisés par nos amis parisiens lors de la naissance de leurs enfants, posons-nous une question simple : et si ces choix avaient été décidés de manière presque inconsciente en fonction de la répétition régulière et croissante de ces prénoms dans la littérature française ?

Prenons par exemple les trois prénoms féminins les plus employés de 2004 à 2010, Louise, Camille, Emma et voyons si ceux-ci ont été plus employés dans la littérature et notamment à partir des années 60.

Magique, non ? Les tendances sont bien là à partir des années 60 ! Chaque courbe remonte nettement apparemment. Et pour les garçons ?


Idem même si c’est beaucoup moins marqué.

Reste maintenant à trouver les mêmes statistiques concernant la répétition des prénoms à la télévision et nous aurons sans doute l’explication à ce tout petit mystère

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3 comments

  1. bob says:

    mar 11, 2011

    dans le freakeconomics, il y a des études similaires mais nettement plus intéressantes et pertinentes…

  2. Paumadou says:

    mar 25, 2011

    Mince, et dire que je croyais ne pas faire comme tous le monde… J’ai loupé.
    Raphaël en 2005
    Gabriel en 2007
    Heureusement en fait, qu’on n’a pas appelé le troisième Thomas en 2010, il aura au moins un prénom moins fréquent.
    Mais je n’ai jamais puisés leur prénom dans la littérature, les références sont culturelles (et lié des souvenirs personnels) mais pas originaires de bouquins ;) )
    Si ça avait été des filles par contre, là, la littérature aurait été l’influence principale !

  3. Hervé says:

    mar 26, 2011

    La côte des prénoms fournit aussi beaucoup d’informations sur le sujet, avec une approche de modélisation par pic des prénoms à la mode, avec des phases d’avant-garde, de conformisme, voire d’hyperconformisme (le pic des Nathalie en 1966), puis d’à la traîne. Les graphiques ci-dessus confirment aussi ces structures. La côte des prénoms insiste aussi sur les régionalismes, même pour les prénoms communs (l’étude sur Paris n’est donc pas forcément représentative de toute la France, même s’il est probable qu’il s’agisse juste d’une question d’ordre, avec quelques challengers locaux).

    Par ailleurs, il existe des « scores » prénoms permettant d’estimer l’âge d’une personne à partir de son prénom. Ces approches s’appuient sur ces courbes de mode, qui vont parfois au-delà du simple prénom : les prénoms composés ont été très en vogue dans la période 1950-1960 par exemple (Jean-Pierre, etc.).

    On peut s’interroger sur la pérennité dans le temps de ces phénomènes (aura-t-on régulièrement des poussés autour d’un groupe de prénom, effet de mode) avec une recherche dans le passé (à quand le retour des alphonse/alphonsine qui ont aussi été à la mode au début du XXè ?) ou au contraire un éclatement avec la recherche d’un prénom original, et donc le développement d’une longue traîne qui rendra difficile la prévision…

    Pour ma part, je savais que le prénom de ma fille était ultra-conformiste, mais nous le trouvions si joli… nous l’avons composé avec un autre qui pourra lui donner un grain d’originalité dans un océan de fillettes ayant le même prénom.

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